Réunion du 21 novembre 2017

Bonjour tout le monde,

C’est donc, comme vous le voyez, assis autour d’un thermos (avec du vrai thé cette fois 🙂 que nous nous sommes retrouvés pour cette nouvelle réunion de la commission constitution citoyenne des nuits debout à Marseille qui poursuit ses activités depuis ses premières réunion en 2016.

L’ordre du jour était essentiellement la préparation du prochain porteur de paroles sur la thématique des déchets (voir CR de la réunion du 14 novembre).

 

1. Debrief sur les porteurs de paroles

En préalable au brainstorming sur la formulation de la question nous avons fait ce que nous n’avions encore pas pris le temps de faire : un debrief sur les précédents porteurs, leur déroulement et les réponses obtenues. Nous en avons tiré quelques enseignements :

  • sur le choix du lieu : si un lieu de passage est une évidence, nous allons dorénavant éviter d’être trop proches des ‘points de transport’ (arrêts de bus, métro) sauf si ils se trouvent sur un lieu de vie. En fait c’est assez délicat à expliquer et c’est bien sûr du cas pas cas. Quelques illustrations pour expliciter : place Caffo, nous étions trop près de l’arrêt de bus (parce qu’on pensait toucher plus de gens avec le flot d’usagers qui attendent le bus ou descendent du bus, il aurait fallu être plus sur la place elle-même ; métro Désirée Clary, nous étions collés au métro mais les passants n’attendent pas à cet endroit et entre le métro et l’entrée de l’hôpital (hôpital européen) il y a des commerces, des gens qui patientent, qui viennent rendre visite, bref qui ne sont pas dans l’urgence de rentrer chez eux après une journée de travail ; place Castellane, nous étions aussi juste derrière un arrêt de bus mais sans interaction avec les usagers de la RTM, plutôt avec les personnes qui venaient passer un moment sur la place qui est animée le soir (ciné, restaurant, commerces).
  • sur la formulation des questions : à l’évidence certaines questions ont généré beaucoup de ‘réponses faciles’ et ont finalement raté leur but : faire réfléchir. Rétrospectivement les questions qui ont ‘bien marché’ en terme de richesse des réponses ont été ‘comment aimerais-je être gouverné ?’, ‘pourquoi / pour quoi je vote ?’ (avec un bémol sur l’ajout de « …ou pas ? » qui a suscité moult ‘réponses faciles’ des abstentionnistes comme de ceux qui considèrent le droit de vote comme un devoir, ‘ma place publique, comment je la vis ?’, ‘qu’est-ce qu’on partage maintenant ?’ ; et celles qui ont ‘moins bien marché’ : ‘qu’est-ce qu’une société juste ?’ et ‘inventer demain ça passe par ?’
  • sur le rôle que nous voulons avoir en tant qu’animateurs : si les prochaines questions sont formulées de manière à faire réfléchir il faudra aider les passants à accoucher de leurs pensées. Le rôle des animateurs ne se limitera donc pas à écouter et à noter la première réponse mais bien à proposer aux passants de prendre le temps d’approfondir leur réflexion. Pour l’instant nous étions pour la plupart surtout dans la posture d’aider les passants à ‘oser’ exprimer leur pensée puis la partager par écrit, sans rechercher un approfondissement de la réflexion par les participants. Le changement de posture vis-à-vis des participants implique non seulement de mieux formuler la question mais aussi une meilleure préparation des animateurs avant le porteur pour s’accorder sur les sujets sur lesquels on aimerait discuter avec les passants.
  • Sur les attentions à avoir pendant le porteur : c’est un des conseils donné lors des formations aux porteurs : les animateurs doivent veiller les uns sur les autres 🙂 L’idée c’est de ne pas laisser un collègue empêtré avec un participant qui a dit tout ce qu’il avait à dire et dont la pensée tourne en boucle. Il faut éviter de perdre trop de temps car ce temps peut être plus utilement consacré à discuter avec d’autres personnes qui n’ont pas encore participé (et qui ne le feront peut être pas si, par exemple, ils ne croisent pas le regard d’un animateur qui est disponible et qui va donc pouvoir engager la conversation avec eux). A défaut de mettre un terme à une discussion qui tourne en rond, on peut aussi relayer/remplacer un collègue : le participant qui se répète n’aura probablement pas l’énergie de tout répéter depuis le début 🙂

2. Préparation du prochain porteur

Le brainstorming a permis d’accoucher de la question : ET SI ON GAGNAIT DES SOUS AVEC NOS DÉCHETS ?

Installation prévue  : des fils tendus avec, accrochés, des feuilles (A4) avec tantôt la question, tantôt la description du porteur de paroles, tantôt des photos de déchets prises par nos soins dans Marseille.

RDV le 28 novembre Cours Joseph Thierry pour préparer tout le matériel (voire, si on est rapide, commencer à porter des paroles 🙂

3. Outils numériques

Pour mémoire nous avons aussi évoqué quelques détails techniques et esthétiques liés à la mise en ligne de nos CR et autres publications sur le site des nuits debout à Marseille suite au rafraîchissement réalisé par Nicolas.

A bientôt sur les places publiques !

PS : c’est évident pour nous mais c’est loin de l’être pour tout le monde alors autant se répéter : se réunir dehors, sur un lieu public, malgré le temps, et malgré le faible nombre de participants qui pourrait faire qu’on se sente parfois mal à l’aise, demeure pertinent car c’est une action en soi : interpeller (passivement, avec les visuels) les passants non triés à l’avance, qui ne cherchaient même pas cette interaction, leur donner la possibilité (la facilité devrait on dire) de s’arrêter, de parler politique, montrer une forme d’action possible (et quand on nous interpelle parler des autres : les nôtres et celles menées par d’autres mouvements, asso, collectifs), montrer la volonté d’agir, montrer le refus de la passivité ou de la résignation en politique. Tout cela est impossible avec des réunions dans des lieux privés (chez un particulier ou dans un lieu privé ouvert au public tel qu’un bar/café). C’était notre première réunion sur le Cours Joseph Thierry et presque tous les passants se sont retournés ou ont ralenti pour observer, beaucoup se sont arrêtés pour lire les visuels, et plusieurs ont discuté avec nous et/ou pris les contacts de la commission. Et toujours en ayant une réaction positive à l’évocation des nuits debout. Imaginez sur cette même place autant de groupes de 3-4 personnes que de thématiques abordées lors des nuits debout (et autant de commissions créées qui n’ont jamais vu le jour faute d’organisation), ne serait-ce pas une formidable incitation à participer pour les passants ?