Résumé des épisodes précédents !

Petit rappel pour se rafraichir la mémoire :nous avions décidé, par un dimanche après-midi pluvieux et venteux de janvier passé sous la halle Puget, de faire une nouvelle  série de porteurs avec la question  »comment puis-je être un citoyen qui renforce la démocratie ? » avec une installation enrichie qui consistait à présenter/afficher, outre les réponses des passants, diverses initiatives/actions citoyennes possibles, de la pétition à la conférence de citoyens en passant par les conseils de quartier (à ne pas confondre – comme j’ai fait – avec les CIQ !). Ce nouveau porteur de paroles était donc un moyen de discuter et de réfléchir avec les passants sur ces outils en particulier malgré l’ouverture de la question sur le plan de la forme.

 

Trois sessions de porteurs de paroles ont ensuite eu lieu, toutes sur la place Cadenat dans le quartier de la Belle de Mai. Nous avons assez vite réalisé que quelque chose n’allait pas, soit avec la formulation de la question, soit avec la problématique. Et ce n’était pas uniquement la faute à la mauvaise météo… Après quelques échanges en mode « débrief », nous avons essayé une autre formulation de la même problématique :  »Si je veux du changement, je fais quoi ? ».

 

Cette seconde version a été organisée sur le cours Joseph Thierry (les Réformés) le 17 avril. Notre enthousiasme d’avoir trouvé une formulation qui nous semblait plus ‘facile’ d’accès (notamment parce qu’elle contournait la difficulté liée aux questions sur la ‘démocratie’) à été rapidement refroidi par les réponses collectées. Si la précédente formulation faisait ressortir essentiellement la résignation et le découragement (face à l’absence de solidarité des citoyens, face à la lourdeur des outils, ce genre de choses) la nouvelle formulation ne faisait ressortir que des réponses du type « je change ma vie à moi, c’est comme ça que les choses vont changer autour de moi ». Le problème avec ces réponses (identiques sur le fond, quoique différentes dans la forme) c’est qu’elles sont une façon de ne pas répondre/réfléchir à la question posée, à savoir « qu’est-ce que je fais pour changer ma société ? » (et pas juste « ma vie » ; les participants avaient pourtant tous compris spontanément la dimension collective/sociétale de la question). En d’autres termes ce type de réponses est une façon de justifier qu’on ne fasse rien au-delà de soi-même, bref une façon de se donner bonne conscience à bon compte car quand on essaie de creuser le « comment, concrètement, le changement à mon échelle va générer un changement à l’échelle sociétale ? » il n’y a pas/plus de réponse. Non pas que ce ne soit pas nécessaire (de changer le monde en commençant par se changer soi-même), au contraire, c’est probablement indispensable…mais ce n’est pas suffisant, et notre question voulait justement aborder ce qu’on peut faire de plus, individuellement et, surtout, collectivement. Bien sûr nous aurions pu discuter avec les participants pour évoquer avec eux les limites ou contradictions de leur positionnement. Mais tel n’était pas le but de notre présence avec les porteurs de paroles : le but est de collecter des réponses diversifiées et de montrer cette diversité pour enrichir un débat et une réflexion collective. Or si tout le monde dit spontanément la même chose et se satisfait de sa (non-)réponse, alors le porteur n’a plus aucun intérêt, en tout cas il ne remplit pas l’objectif que nous lui avions assigné.

 

Et pourtant nous avons pu constater que les informations sur les outils citoyens intéressent les passants, dont beaucoup une fois qu’ils avaient levé le nez de leur téléphone, prenaient le temps de lire les panneaux d’information. Ce qui nous conforte, si besoin était, dans l’idée qu’il y a une « envie » de changement chez beaucoup de personnes…mais que ce puissant moteur (l’envie) a besoin de coups de pouce pour se transformer en action(s). Et si le raisonnement seul ne suffit pas (ce que la psychologie sociale a démontré depuis longtemps mais qu’il est toujours assez difficile d’admettre…) alors il nous faut recourir aux émotions, et de préférence des émotions positives, telles que l’optimisme, l’intérêt, la confiance, la joie.

 

Il va donc nous falloir améliorer notre outil et notre approche pour les prochains porteurs, en commençant par ajouter aux infos sur les outils citoyens disponibles des infos sur des actions/initiatives citoyennes qui ont abouti à des résultats positifs concrets, comme par exemple la végétalisation de la rue de l’Arc (quartier de Noailles) ou l’installation / la fabrication du composteur de l’allée Léon Gambetta (quartier du Chapitre) pour mieux réveiller la joie et l’envie chez nos concitoyens 🙂

 

Rendez-vous le lundi (attention : exceptionnellement ça ne sera pas un mardi) 14 mai à 18h00 pour tester cette nouvelle approche ! (lieu à préciser, info par mail le jour J heure H ou sur notre page FB)

 

A bientôt sur les places publiques ! 🙂